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Lithographies d'Emmanuel Guibert jusqu'au 27 février
A l'occasion de la parution de son recueil d'illustrations sur le
Japon, Emmanuel Guibert était à Espace Japon le mercredi 11 février pour l'inauguration de
l'exposition de ses lithographies réalisées à l'issue de son séjour à
Kyôto.
Exposition jusqu'au 27 février 2009
C'est essentiellement de ses trois mois passés à Kyoto en 2007, en
résidence à la Villa Kujoyama, qu'Emmanuel Guibert tire la matière de
son dernier livre, Emmanuel Guibert japonais : plus de 300
pages d'images mais aussi de mots au travers desquels l'auteur, tel un
autochtone, raconte et dépeint le Japon de son quotidien.
Le livre
s'ouvre sur un cahier de nouvelles époustouflantes par leur
authenticité. Emmanuel Guibert nous convainc par les mots qu'il n'est
pas de ces touristes qui se prennent les pieds dans les idées reçues.
Ses personnages, ses décors, ses situations, tout sonne juste. On
croirait lire une traduction, mais non, on est juste épaté, on savoure.
Dessinateur
génial, Emmanuel Guibert donne à aimer, aimer le dessin, aimer le
Japon, aimer la réalité. Car Emmanuel Guibert est un magicien du réel.
Il ramasse une vieille table abandonnée, “noire d'humidité, bouffée aux
champignons”, et il en fait le support d'images magnifiques. Il y
peint, dessine, colle, joue avec les fibres du bois. Les nœuds révèlent
le gravier ratissé d'un jardin zen ou décrivent les courbes d'un
visage. On voit des gens, des regards, des rues, des passages, des
forêts, des coins de ciel. Page après page, l'œil ne sait plus à quoi
s'attendre ou il s'attend à tout, émerveillé qu'il est par tant de
plaisir, de jeu, de découverte.
La magie Guibert opère également sur
les pages de vieux cahiers qui, comme le bois de la table, renaissent
pour nos yeux ébahis. De caractères calligraphiés, pris à la renverse,
surgit la foule japonaise des heures de pointe et ses visages
multiples. Les motifs se superposent, donnant l'impression de voir à
travers les choses. On voit dans la nuit, on voit en négatif. On voit
ce qu'on ne voit pas d'habitude, ou du moins pas de cette façon. Alors
forcément, on s'attarde, intrigué. On prend le temps de regarder en se
disant que la réalité nous cache parfois de bien belles choses quand on
ne sait pas suffisamment l'observer. Et quand on arrive à la fin du
livre, on se sent finalement comme son auteur : japonais.
Disponibles à Espace Japon
Emmanuel Guibert Japonais - Éditions Futuropolis

Les sardines de l'espace - Éditions Dargaud
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